Informations légales

Vous venez d'accéder au site événementiel printempsarabe.regionpaca.fr.
L'objet de ce site est de présenter l'exposition organisée par la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur autour des printemps Arabes qui se sont déroulés au courant de l'année 2011.

Directeur de la publication : Nathalie Bonsignori
Chef du service Information Médias et e-Communication : Stephan Raphaël

Pour toute remarque sur les sites Régionaux, s'adresser à :

Nathalie Guerville - Responsable Cellule Internet - nguerville@regionpaca.fr

Pour toute réclamation ou plainte, veuillez formuler vos demandes exclusivement par voie postale :

Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur
Direction de l'Information
27 place Jules Guesde
13481 Marseille cedex 20
Tel. 04 91 57 50 57

Conception & Réalisation :
www.webcastor.com / www.dussiecle.com

Protection des données personnelles

Aucune information personnelle n'est collectée à votre insu.
Aucune information personnelle n'est cédée à des tiers.
Aucune information personnelle n'est utilisée à des fins non prévues.
Les messages envoyés sur le réseau Internet peuvent être interceptés. Ne divulguez pas d'informations personnelles inutiles ou sensibles. Si vous souhaitez nous communiquer de telles informations, utilisez impérativement la voie postale.
Les informations qui vous sont demandées lors de l'abonnement aux publications et lettres d'information du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur sont indispensables pour l'expédition de ces documents. Ces informations ont pour seul destinataire le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur auprès duquel peuvent s'exercer les droits d'accès et de rectification. Les adresses de tous types (postales ou courrier électronique) ne pourront être cédées en aucun cas à des tiers ou communiquées à des fins non prévues.
Conformément à l'article 27 de la loi N° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès vous concernant auprès du responsable de la publication et ce dans les conditions requises par l'article 34 de ladite loi.

Droits d'auteur – Copyright

L'ensemble de ce site relève de la législation française et internationale sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle. Tous les droits de reproduction sont réservés, y compris les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques.
La reproduction de tout ou partie de ce site sur un support électronique, quel qu'il soit, est formellement interdite, sauf autorisation expresse du directeur de la publication.
La reproduction des textes de ce site sur un support papier est possible pour une utilisation personnelle ou à titre pédagogique sous certaines conditions :

  • - Gratuité de la diffusion ;
  • - Respect de l'intégrité des documents reproduits : pas de modification ni d'altération d'aucune sorte ;
  • - Citation claire et visible de la source d'information sous la forme suivante, par exemple :

"Ce document provient du site Internet du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur": http://www.regionpaca.fr
L'adresse Internet doit impérativement figurer dans la référence. Pour d'autres utilisations, veuillez nous consulter.
La reproduction des textes, tableaux, graphiques, photos… de ce site sur un support-papier ou électronique est interdite :

  • - Dans un but commercial ou de distribution.
  • - Par extraction répétée ou systématique d'élément protégé ou non du site http://www.regionpaca.fr lui causant un préjudice quelconque.
  • - Par le mécanisme de liens. Spécialement lors de la présentation d'une page du site http://www.regionpaca.fr dans des cadres ou "frame" n'appartenant pas au site http://www.regionpaca.fr grâce aux techniques de "Framing" ou l'utilisation d'un élément dans un site extérieur grâce à la technique du "in line linking".

 

Modification du site

L'équipe éditoriale se réserve le droit de modifier ou de corriger le contenu de ce site et cette mention légale à tout moment et ceci sans préavis.

Liens vers d'autres sites Internet

Les liens vers d'autres sites Internet présents sur ce site sont fournis exclusivement pour vous fournir une information la plus complète. Si vous utilisez ces liens, vous quitterez le site http://www.regionpaca.fr. Le Conseil régional a vérifié la page pointée par le lien actif mais il ne contrôle ni n'est responsable de ces sites ou de leur contenu.
Pour cette raison, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur décline toute responsabilité concernant ces sites ou les informations y figurant, les logiciels ou autres documents qui s'y trouvent ou concernant les conséquences de leur utilisation. Si vous décidez d'accéder à des sites externes reliés à notre site, vous le faites sous votre entière responsabilité.

Exonération de responsabilité

Il appartient à l'utilisateur de ce site de prendre toutes les mesures appropriées de façon à protéger ses propres données et/ou logiciels de contamination par d'éventuels virus circulant sur le réseau Internet.
Le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur ne pourra être tenu responsable des dommages directs ou indirects résultant de l'usage de son site Internet ou d'autres sites qui lui sont liés, notamment du fait de non-accès à son site, de dysfonctionnements liés au réseau Internet, à l'hébergeur du site ou l'hébergeur d'une partie du site ou d'interruption de service pour cause de maintenance ou de mise à jour.
Ce site http://printempsarabe.regionpaca.fr est hébergé en France (Services Informatiques du Conseil régional), et pour la partie "TV Région", en France également sur les serveurs d'une société française.
Ce site Internet est régi par le droit français.

© Hamiddedine Bouali

Du 16 mars au 28 juin 2012 à l’Hôtel de région

Une exposition présentée par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Commissaire de l’exposition : Alain Mingam

Hôtel de Région, 27 Place Jules Guesde 13002 Marseille

ENTRÉE LIBRE – Du lundi au vendredi de 9 h à 19 h
(fermeture exceptionnelle les 11, 12 et 13 avril 2012 et jours fériés)
Renseignements : 04 91 57 52 11
Voir le plan d'accès

Du 16 Mars au 28 juin 2012, un état des lieux des révolutions arabes en marche est proposé aux citoyens de Provence Alpes Côtes d’Azur et à toutes les communautés qui font la richesse culturelle de Marseille et de la région. C’est une sélection de reportages photographiques et de films documentaires qui offrent une lecture chronologique et détaillée des événements les plus marquants de l’année écoulée.

Tous les photographes, documentaristes et journalistes, ici présentés ont souvent, au prix de tous les risques, vécu au plus près des tensions qui, de la place Tahrir au Caire, sur l’avenue Bourguiba à Tunis ou dans les faubourgs de Homs en Syrie, au Bahreïn ou à Sanaa au Yémen, ont rythmé ces quêtes de libertés fondamentales.

C’est un parcours non initiatique, mais pédagogique qui permet de comprendre comment les peuples en révolution permanente ont mis en première ligne toutes celles et ceux qui ont réussi à briser les chaînes de la soumission.

Pas un seul jour, sans que la prolifération des images de ces euphories révolutionnaires, ne témoigne des bouleversements en cours, permettant à « Facebook » et aux réseaux sociaux de jouer le rôle capital qui leur est aujourd’hui reconnu à l’intérieur et au-delà des frontières.

Hamiddedine Bouali, Alain Buu, Patrick Chauvel, Pedro Da Fonseca, Luca Dolega, Antoine Gyori, Olivier Jobard, Augustin Le Gall, Emilio Morinetti, Rémi Ochlik, Caroline Poiron, Johann Rousselot, Alfred et Raphaël Yaghobzadeh , Yuri Kozyrev et les 14 photographes rassemblés par l’agence Noor au Caire : Mohamed Messara d’EPA (Algérie), Maher Malak Iskandar (Egypte), Mohammed El Mashad et Sardasht Aziz Mahmoud (Iraq), Anas Damra Fadi Ezzat, Muhammad Abdel Ghany et Myriam Abdelaziz (France ), Amira Murtada (Jordanie), Abdellah Hiloui (Maroc), Chafik Arich et Yusef Ajlan (Yémen), Omrani et Jameel Subay (Tunisie), tous les envoyés spéciaux de l’agence Reuters avec Goran Tomasevic (Serbie), comme Patrick Baz avec ses collègues de l’AFP, témoignent du succès des élections précédées dans certains pays par les violents combats qui ont jalonné ce dur chemin vers la démocratie.

Cette longue conquête du respect premier de la dignité étouffée pendant tant d’années par les dictateurs enfin déchus, trouve toute sa place dans l’espace réservé aux causes des révolutions.

Les best off des observateurs de France 24, comme ceux « d’Envoyé spécial », le documentaire sur l’Egypte d’Amal Ramsis « Interdit », les témoignages poignants de l’association «Human Rights Watch», les reportages de l’agence Capa avec «Effet papillon» plus que percutant, les incursions clandestines de Manon Loizeau et de Paul Moreira dans la ville de Homs en Syrie, devenue capitale de la résistance au régime de Bachar el-Assad, le témoignage de Sofia Amara dans « Syrie : Les coulisses de l’enfer» trouvent tous plus qu’un écho, une justification criante de vérité.

Ce sont en effet les cris mêlés de toutes ces révolutions entre slogans et chants révolutionnaires qui, grâce à la bande son de Nicolas Mathias de Radio France, accueillent les visiteurs. Afin que chacune et chacun d’entre nous puisse vivre dans sa chair à fleur de peau, l’engagement citoyen sans faille de toutes ces populations partageant la même soif de démocratie.

Dans un même élan de solidarité sans frontière aucune, ni de race ni de religion à l’égard de tous les droits de l’homme emportés dans le tourbillon du sirocco religieux qui souffle en période post-électorale, Jean-Pierre Perrin (Libération) et Hala Kodmani, écrivains et journalistes, nous expliquent avec leur sagacité habituelle les enjeux essentiels de ces bouleversements tant espérés et craints à la fois par un occident de trop courte mémoire. Et selon l’expression qui fait fureur, « dégagent » les menaces qui pèsent sur le statut de la femme, la liberté de conscience et de culte, le respect de la laïcité, du principe de justice et d’égalité.

L’exposition est plus qu’un constat factuel du bilan en l’an I des révolutions les plus importantes du début du XXI siècle. Toutes les cimaises portent en elle le parfum du printemps qui a vu naître la 1ère révolte populaire en Tunisie pour lui donner le souffle d’une évidente solidarité universelle. Plus que jamais nécessaire face à la réalité dramatique des répressions qui en Syrie insultent le présent et menacent l’avenir de toute une nation.

Les écrans de France 24 en français et en arabe d’une part, de l’agence Reuters d’autre part, seront dès l’entrée les vigies d’une actualité en marche. Et France Info, Polka magazine, Médiapart avec l’interview du nouveau Président tunisien Moncef Marzouki , Libération au delà de la collaboration de Jean-Pierre Perrin et d’Hala Khodmani, s’en feront l’écho auprès du grand public.

Huit envoyés spéciaux : Luca Dolega, Tim Hetherington, Chris Handros, Anton Hammerl, notre confrère syrien Shoukri Ahmed Ratib Abu Bourghoul, Gilles Jacquier, Rémi Ochlik et Marie Colvin, ont ajouté leur nom à la liste par milliers des victimes qui ont payé de leur vie l’espoir d’un monde meilleur.

L’exposition se devait d’être aussi un vibrant hommage à tous ces combattants de la dignité.

Alain Mingam

Commissaire de l’exposition

Les photographes

  • Hamiddedine Bouali
  • Eric Bouvet
  • Alain Buu
  • Patrick Chauvel
  • Pedro Da Fonseca
  • Luca Dolega
  • Antoine Gyori
  • Olivier Jobard
  • Augustin Le Gall
  • Emilio Morinetti
  • Rémi Ochlik
  • Caroline Poiron (femme de Gilles Jacquier)
  • Johann Rousselot
  • Alfred et Raphaël Yaghobzadeh
  • Yuri Kozyrev

Les 14 photographes rassemblés par l’agence Noor au Caire :

  • Mohamed Messara d’EPA (Algérie)
  • Maher Malak Iskandar (Egypte)
  • Mohammed El Mashad (Egypte)
  • Fadi Ezzat (Egypte)
  • Muhammad Abdel Ghany (Egypte)
  • Myriam Abdelaziz (Egypte/France )
  • Amira Murtada (Egypte)
  • Sardasht Aziz Mahmoud (Iraq)
  • Anas Damra (Jordanie)
  • Abdellah Hiloui (Maroc)
  • Chafik Arich (Maroc)
  • Aymen Omrani (Tunisie)
  • Yusef Ajlan (Yémen)
  • Jameel Subay (Yémen)

ainsi que tous les envoyés spéciaux de l’agence Reuters avec Goran Tomasevic (Serbie), et Patrick Baz et ses collègues de l’AFP.

 

Les réalisateurs

  • Amal Ramsis avec Arte et Jean-Michel Rodrigo Mecanos Production
  • Sofia Amara avec Arte et Marc Berdugo Magneto Presse
  • Manon Loizeau avec Capa.
  • Julien Pain Best of des Observateurs de France 24
  • Nathalie Lenfant France 24
  • Sophie Dufau de Mediapart
  • Jean -Marie Fardeau et Valérie Lombard Human Rights Wacht
  • Pascal Manoukian CAPA
  • Steeve Baumann « L’effet papillon » Canal + et Capa
  • Guilaine Chenu et Françoise Joly « Envoyé spécial » France 2
  • Paul Moreira Premières lignes

 

Les chercheurs

  • Vincent Geisser de l’Institut français du Proche-Orient
  • Myriam Catusse et Stéphanie Latte-Abdallah de la Maison méditerranéenne des Sciences de l’homme à Aix-en-Provence

Remerciements

Alain Mingam, Commissaire de l’exposition, remercie tout particulièrement :

Michel Vauzelle,
Président de la Région Provence- Alpes Côte d’Azur

Gérard Bodinier, conseiller du Président
Nathalie Bonsignori, directrice de l’Information
Martine Chevalier, chef de projet et toutes l’équipe de la Direction de l’Information
Maddalena Giovaninni , architecte scénographe
Jean-Pierre Perrin, grand reporter à Libération.
Hala Kodmani, journaliste franco-syrienne
Manon Loiseau, Capa
Sofia Amara et Marc Berdugo, Magneto presse
Jean-Michel Rodrigo et Amal Ramsis, Mecanos production
Hamiddedine Bouali, photographe tunisien
Claudia Hinterer et Sonia Jeunet, agence Noor
Francisco Zizola et Valentina Tordoni, 10b Photography
Estelle Veret, Jérôme Pelet, Fabrice Bessière, agence Reuters
Vaclav Neumann, agence AFP
Marie–Pierre Lannuzel, iconographe
Pierre Moutet, Central Color et toute son équipe
Steeve Bauman et Pascal Manoukian, Capa
Paul Moreira et Pedro Da Fonseca, Premières lignes
Julien Pain, Nathalie Lenfant , France 24
Jacques Peron, Editions du Layeur – Alif « Dégage , La révolution Tunisienne »
Nicolas Mathias, Radio France
Mireille Le Maresquier , Romain Beignon, France Info
Nicolas Demorand, Pierre Hivernat, Libération
Christophe Montagnier, L’Atelier et son équipe
Ghyslaine Chenu et Françoise Joly, Envoyé spécial France 2

Les jeunes

Sans eux, pas de manifestations, pas de soulèvement et pas de révolution. C’est pourquoi les chebab, tantôt gamins des rues, tantôt étudiants mais toujours en première ligne, ont payé au prix lourd leur engagement dans la contestation démocratique. C’est d’ailleurs le sacrifice de l’un d’eux, Mohamed Bouazizi, qui, le 4 janvier 2011 s’est s’immolé par le feu à Sidi Bouzid, qui a provoqué les premières émeutes en Tunisie, enclenchant le processus qui allait conduire au départ du président Ben Ali. Auparavant, en Egypte, à Alexandrie, le lynchage à mort, en juin 2010, par la police du jeune blogueur Khaled Saïd avait déjà réveillé les consciences. Ces gavroches seront aussi le fer de lance de la révolution libyenne allant s’offrir à Benghazi aux balles de l’armée de Kadhafi avant de constituer les premières brigades armées rebelles. A Bahreïn et au Yémen, aussi, ils payeront un lourd tribut à la répression. Mais le pire demeure la Syrie où le régime de Bachar al-Assad s’emploie à les briser par des emprisonnements dans des conditions terribles et des tortures systématiques. Leur modèle? Les chebab palestiniens qui, lors de deux intifada, avaient osé défier la puissante armée israélienne. Puis ceux d’Algérie qui, en octobre 1988, avaient ébranlé la dictature algérienne.

Jean-Pierre PERRIN
Journaliste à Libération

Femmes des révolutions arabes

Sans les femmes, les rassemblements qui ont fait le printemps seraient restés bien ternes. Balayant les clichés, elles en font ressortir les couleurs. Celles des drapeaux de leur pays qu’elles agitent ou peignent sur leurs visages ou celles des foulards turquoise, fuchsia ou imprimés couvrant leur tête.

Révolution dans la révolution, les femmes arabes ont manifesté, distribué des tracts, dormi sous des tentes, harangué les foules, hurlé contre leurs dirigeants, affronté les gaz lacrymogènes et subi la répression.

Plus étonnante que pour les Tunisiennes ou les Egyptiennes, la « sortie » des Libyennes ou des Yéménites, auparavant cloitrées chez elles, confirmait le bouleversement dans leurs pays.

Quant aux Syriennes, elles ont commencé par manifester en portant des fleurs et de l’eau parfumée au nom d’une révolution qu’elles voulaient pacifique. Mais la sauvage répression ne les a pas épargnées. Arrêtées, torturées, violées ou au mieux exilées, elles ont accédé à l’égalité sous les bombes qui les atteignent sans discrimination.

L’implication des femmes dans les révolutions arabes devrait logiquement faire avancer leurs droits. Or, comme avant elles les Algériennes qui avaient participé à la guerre d’indépendance ou les Iraniennes à leur révolution, certains veulent leur signifier que leur tour de scène est terminé, qu’elles doivent rentrer à la maison ou se cacher derrière des voiles.

Quand une manifestante au Caire a été tabassée puis trainée dévêtue par des hommes casqués des dizaines de milliers de femmes sont redescendues avec un carton rouge : « La femme d’Egypte : une ligne à ne pas franchir !» Solidaires dans leur diversité, cheveux au vent, têtes couvertes ou même visages voilés, elles se sont donné la main, illustrant le pluralisme politique et social qu’elles revendiquent.

Maintenant qu’elles connaissent le chemin de la contestation et le goût de la liberté, les femmes arabes ne devraient plus subir sans redire. Comme tous les autres révolutionnaires, elles savent qu’il faudra encore plusieurs printemps et des saisons rudes avant que ne murissent les fruits de leurs combats. Révolution, liberté, égalité, dignité ou justice, en arabe comme en français, sont des noms féminins.

Hala Kodmani
Journaliste franco-syrienne

Pas de printemps pour les migrants

Victimes collatérales du printemps arabe ou misérables opportunistes, des dizaines de milliers de réfugiés ou de migrants se sont retrouvés sur les routes désertiques ou maritimes à la suite des révolutions et des conflits en Afrique du Nord, notamment.

Des rafiots remplis en majorité de tunisiens ont emprunté en février 2011 une Méditerranée démontée, parcourant les 60 milles nautiques depuis la ville de Sfax jusqu’à l’île italienne de Lampedusa. « Certains sont parvenus à toucher terre : ils ont fait sécher leurs vêtements, ont remis leurs chaussures et se sont dirigés vers le premier bar venu pour y manger quelque chose de chaud » décrivait le reporter du quotidien La Stampa. Mais dans certains de ces bars, le café devait être servi dans des gobelets en carton "parce que les clients d'ici refusent de boire dans les tasses dans lesquelles ils ont bu" ont rapporté des témoins.

Car beaucoup en Europe obnubilés par les fantasmes et habitués à ne voir dans les évènements du monde arabe que les dangers pour leur sécurité ont paniqué devant cet afflux de « clandestins ». La distinction entre un immigré et un réfugié fuyant la féroce répression de Kadhafi n’a pas toujours été faite.

C’est un tout autre accueil qui a été réservé au sud de la Tunisie aux dizaines de milliers de travailleurs de diverses origines affluant aux frontières de la Libye où les combats faisaient rage. Africains, Arabes ou Asiatiques, tous ces hommes partis chercher fortune très loin de chez eux, se sont retrouvés, avec ou sans bagage, sous des tentes dressées dans le désert par les organisations humanitaires, faisant la queue tantôt pour une bouteille d’eau, tantôt pour un casse-croute badigeonné de Harissa. Une hiérarchie fondée sur les moyens de chacun de leurs pays s’est révélée déterminante pour le sort de ces déplacés. Alors que les ressortissants chinois ou coréens ont été rapatriés rapidement par leurs gouvernements, les Bengalis eux, ont du attendre longtemps et compter sur les secours internationaux. Quant aux Libyens, ils ont été accueillis en frères par leurs voisins tunisiens qui leur ont ouvert les portes de leurs maisons et de leurs écoles.

Hala Kodmani
Journaliste franco-syrienne

Chargement du média
Chargement du média
Chargement du média
Chargement du média
Chargement du média
Chargement du média